Rémi Gay

Saint-Jeoire, 1941 – Grand Genève, 2015. [Photo DL, 2007]

Genre: Art abstrait lyrique
Influences: Jackson Pollock, Georges Mathieu

« Rémi Gay, guidé par les ondulations d’un geste circulaire, présente des toiles intéressantes où des formes serpentines et ondulées forment un réseau de signes semblables à des méduses ou à des comètes prisonnières des filets du poète ». René Deroudille, 1967

Rémi Gay est le fils du Dr Paul Gay, le fondateur de L’Art au Village, qui pendant près de trente ans attira nombre d’artistes visuels et de musiciens. Il peint en professionnel depuis 1960 et, à partir de cette date, il effectue de nombreuses expositions de groupe, à Oran, à Paris ou sur les bord du Léman. En 1977, il a réalisé un panneau décoratif sous la forme de mosaïque, toujours présent au cœur de la rénovation urbaine au cœur de la ville de Thonon-les-Bains (place du Marché 10).

Mais sa plus importante exposition reste sans contexte celle qu’il organisa chez lui au moulin du Redon en 1980 pour fêter ses vingt ans de peinture. Cette rétrospective comportait quelque cent quarante tableaux. Il fait alors « le point » avant de repartir et de continuer la difficile et inlassable expérience du « dire ». Ses premières toiles sont sombres, avec des dominantes de noir et de gris. C’est déjà une abstraction très lyrique, qui suggère une danse de flammes, avec un rythme très fort.

Peu à peu, sa palette devient plus colorée, plus « aérée » et plus claire. Bientôt Rémi Gay introduit dans ses toiles la notion du « regard », un œil très figuratif apparaît au milieu des gerbes colorées et jaillissantes. Il dit: « c’est le regard de mon chien, de ma femme, d’un ami… » Peut-être s’agit-il aussi d’exprimer une sorte de vision intérieure, d’indicible émotion et de transfigurer la tourmente et l’angoisse du cri. La gaieté des couleurs et l’épuration des formes des dernières œuvres font penser à une « éclaircie », à un sourire très doux et à une « trouée » vers la lumière.

Mosaïque en pâte de verre sur panneau (270×270 cm) à Thonon-les-Bains, 1977.

Sélection d’expositions

Oran – Exposition de groupe, 1960
Paris – Théâtre de l’oeuvre, 1963
Saint Jeoire – L’Art au Village, 1965
Lyon – L’Art et la Vie, 1966
Paris – Galerie du Ranelagh, 1967
Thonon-les-Bains – Maison des Arts, 1969
Annecy – Musée, 1970
Clermont-Ferrand – Faculté de droit, 1973
Nernier – Musée du Lac, 1975
Annemasse – Galerie Sagittaire, 1976
Thonon-les-Bains – Quartier de la rénovation: réalisation d’une mosaïque, 1977
Port de Sechex – Moulin du Redon: 20 ans de peinture, retrospective, 1980
Evian-les-Bains – Bibliothèque municipale, 1981
Yvoire – Musée, 1985
Evian-les-Bains – Galerie Atalante, 1986
Thonon-les-Bains – Expo Affiches Poèmes du groupe « DIRE », 1988
Annemasse – Villa du Parc: inventaire 1950-1968, 1988
Margencel – Groupe scolaire: réalisation d’une mosaïque de 12m2, 1992
Paris – Galerie Racine, 1994
Jaligny – Mairie, 1994
Thonon-les-Bains – Galerie Bizz’Art, 1996
Yvoire – Restaurant Les Jardins du Léman, 1997
Sciez-sur-Léman – Installation picturale et florale avec Jany Lavy, 2001
Perrignier – Ferme Rolland
Publier-Amphion – Galerie de la Cité de l’Eau, 2007
Saint-Jean d’Aulps, MGEN, 2009
Berlin – Galerie Placette.de Berlin: T-Shirts Project, 2011
Sciez-sur-Léman – Maison Alvéole: Hommage à Rémi Gay, avec Jean-Marc Jacquier et Patrick Coubia, 2015
Santiago du Chili – Museo de la Solidaridad Salvador Allende: exposition de groupe « Debut », 2018

Divers

Illustration de poèmes et nouvelles d’Alfonso Jimenez, 1994-2000

Revue de presse

« Son inspiration a fortement été marquée par un art contemporain qu’a défendu son père, le docteur Paul Gay, à travers L’Art au Village à Saint Jeoire, avec des artistes qui ont laissé leurs empreintes dans l’histoire de l’art de cette fin de 20e siècle.
Mais le docteur Gay avait compris depuis longtemps que les frontières entre les formes d’expression étaient ténues et l’on retrouve dans la peinture de Rémi et sa démarche créative, un lyrisme qui obéit autant à un rythme musical qu’à des règles d’équilibre des lignes et des couleurs.

La fièvre créatrice dirige une spontanéité des lignes qui s’enchevêtrent dans un lacis d’arabesques qui dessinent des gerbes colorées. Impression intérieure, atmosphère de fête sont racontées dans une écriture filiforme comme la transcription d’une œuvre jazz où le cri d’un saxophone déchire l’espace d’une stridente ligne rouge, le frémissement de la cymbale pétille en des éclats jaune d’or, où les notes flûtées de la guitare butinent sur la toile en tâche ou couleurs blanches…
Mais cette partition de notes de couleur impose dans ses phrasés un langage plus synthétique, qui ne change pas avec les secondes, mais qui se fige dans une stabilité photographique, dans une extase intérieure, un condensé d’une multitude de sensations.
Sur un fond noir d’une nuit trouble et intense, sur le fond blanc d’un éveil matinal ou d’un après-midi ensoleillé, l’œil devient le complice d’une fraîcheur et dense émotion intérieure.
Avec les œuvres de Rémi Gay, on entend les couleurs et les lignes dans un silence intérieur. »

André Depraz, in Le Dauphiné Libéré, 23 avril 1996
Lettre du peintre Chu Teh Chun, 1965.

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